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Question de I.B : "Dans votre page, portrait entrepreneures "
vous répondez que votre solution d'un mal à l'aise en entreprise a été de participer à une création d'entreprise. Vous n'avez jamais envisager de seulement vous mettre en indépendant ?

Vous avez tout à fait raison, pas besoin de créer une entreprise pour se sentir heureux. On peut très bien se mettre à son compte et éprouver un plaisir aussi fort. J'en ai eu l'expérience quand j'ai voulu redémarrer une 4ème fois une société. Le marché avait évolué, les réglementations s'étaient multipliées. Les 3 succès précédant m'ayant oté tout souci financier, je me suis dit pourquoi ne pas faire ce que j'aime aussi en dehors de la finance. J'ai beaucoup aimé mes expériences dans la finance, c'était très créatif, Mais il faut reconnaître qu'on peut rester perplexe devant le gonflement de cette activité. A un collègue on avait posé la question "à quoi servez-vous dans les marchés financiers ?", il a répondu : "à les rendre plus liquides, et donc à permettre plus facilement d'emprunter". C'est une bonne réponse, mais cela a notamment permis aux états d'emprunter massivement au lieu d'avoir une saine gestion. Résultat : on se retrouve avec des dettes publiques autour de 100% du PIB, avec des populations habituées, droguées, aux déficits.

L'impossibilité de redémarrer dans la finance m'a permis de développer certaines passions que j'avais : l'enseignement et l'aide psychologique aux personnes en grande difficulté. L'enseignement m'a toujours attiré : en prépa je m'étais porté volontaire pour aider un prépa HEC en maths, dans mon école d'ingénieur je donnais des cours à des prisonnniers, durant mon service militaire aux engagés 1ère et 2ème classe, plus tard à des proches ou des voisins ... Afin de cotiser pour la retraite, j'ai donc donné aussi des cours payant en plus de ceux gratuits. J'ai même effectué un remplacement en tiers de temps dans un lycée ( payé royalement environ 420€ net, puisque j'étais "débutant"", ça change de la finance !!). Mais je peux vous dire que sortir quelqu'un d'un état suicidaire, ou permettre à un élève de réussir sa voie alors que ses notes étaient désastreuses, procure au moins le même plaisir que de réussir à lancer une société. Pourquoi j'ai mis un lien ci-dessus sur le compte Instagram "deschevresdanslelarzac" plutôt qu'un autre ? Par ce que, bien que je sois un homme, je retrouve dans ces portraits d'entrepreneuses les mêmes raisons, le même enthousiasme que j'ai eu.