Question de U.V : "Avec la réforme de la flat tax de Macron, est-il intéressant à 40 ans de placer 100 000 € en 2019 en assurance vie ?"


Dans le choix d'un placement plusieurs éléments interviennent : le rendement, la fiscalité, le risque, et aussi certaines clauses particulières.

Fiscalité

Vous me parlez d'un placement de 100 000 euros, et ne mentionnez pas d'autres investissements en assurance-vie. Je vais donc supposer ici que c'est votre premier placement de ce style. Dans votre cas fiscalement les réformes Macron réduit votre taux d'imposition global (IRPP + CSG) à 30% en deçà de 8 ans de détention, et majore la CSG au-delà de 8 ans portant le taux global de prélèvement à 24,7%. De plus si vous n'êtes pas imposable à l'IRPP (comme 50% des français) ou faiblement imposable, vous pouvez toujours ne pas opter pour le prélèvement et inclure vos gains dans vos revenus, comme pour les autres revenus financiers
En résumé, en instituant la flat tax de 30% sur tous les placements financiers, Emmanuel Macron a aligné l'imposition desles gains de moins de 8 ans de l'assurance-vie sur ceux des autres placements financiers comparables, et réduit considérablement l'avantage de l'assurance vie à long terme.
De plus 8 ans c'est long au point de vue des lois fiscales. Qui sait si dans 8 ans le taux de 24,7% sera toujours en vigueur ? Vu le passé, seul un fou ou un naïf peut y croire. Un écart hypothétique d'impôt de 5 % dans 8 ans (alors que cet écart a constamment réduit dans le passé) ne me paraît pas décisif dans un choix financier.

Dans votre cas il reste l'avantage des droits de succession car vu votre âge et le montant, en cas de décès le bénéficiaire sera exempté de droits à payer. C'est bien, mais à 40 ans est-ce décisif dans votre choix ? Vous risquez d'utiliser ce placement de votre vivant. De plus si vous êtes marié, et que vous indiquez comme bénéficiaire votre conjoint, l'impact sera nul car celui-ci n'est pas soumis aux droits de succession. Le cas le plus "fortement" intéressant est si vous n'avez pas d'héritiers directs (conjoint, enfants) et si vous envisagez probable de décéder avant 10 ans.
Je n'ai pas abordé le nouvel impôt sur la fortune immobilière car votre montant laisse supposer que vous n'êtes pas fortement concerné par ce sujet.

En conclusion, pour vous la fiscalité n'est plus forcément un critère décisif.

Clauses particulières

Un des avantages de l'assurance-vie est de pouvoir transmettre plus librement ses biens, si vous avez des héritiers réservataires (enfants, conjoint). En effet votre placement en assurance-vie ne rentre pas dans les calculs de parts, et vous pouvez ainsi avantager quelqu'un. Un cas courant d'utilisation est de favoriser un membre de la famille handicapé. Mais faites attention à ce que votre geste ne se retourne pas contre le bénéficiaire en braquant les héritiers réservataires contre lui.

Rendement risque

Deux placements sont possibles en assurance vie :
- les contrats euros, où la compagnie d'assurance vous garantit le capital et un rendement minimum. Aujourd'hui, compte tenu des taux d'intérêt bas, surtout à court terme, leurs actifs sont constitués d'obligations d'assez longue durée. C'est très intéressant pour un placement à moyen terme (2 ans à 5 ans), car vous bénéficiez en partie des taux longs sans prendre de risque en capital. En effet en cas de hausse des taux longs, les obligations du portefeuille investi verraient leurs cours fortement se déprécier. Mais pour être sûr d'avoir un rendement correct à moyen terme, regardez bien les droits d'entrée et les pénalités de sortie.
- les contrats en unité de compte (UC). Dans ce genre de contrat, c'est vous qui prenez le risque de cours, comme si vous aviez les titres en direct. Généralement la compagnie d'assurance vous propose une gamme d'OPCVM. Au frais des OPCVM s'ajoutent donc les frais de gestion d'assurance. J'ai fait un calcul sur un placement de 8 ans. Supposez que le placement dans votre contrat soit de 5% brut par an, des frais annuels de 0,6% correspondent à un taux de 13,6% sur le gain final, bien supérieur au gain d'impôt de 5,3% (30% - 24,7%) procuré par le contrat.

Conclusion

En résumé, pour moi, bien qu'ils n'aient pas un rendement extraordinaire (autour de 2%), les contrats euro sont les plus intéressants des contrats "monétaires". Si on veut un rendement plus élevé, quitte à prendre des risques, choisir un support UC plutôt qu'un placement en OPCVM a peu d'intérêt sauf pour des raisons de transmission.

Pour avoir plus d'informations sur la façon d'effectuer un investissement en avril 2018, vous pouvez regarder notre page : comment placer son argent efficacement en 2019