Où placer 50 000 à 60 000 euros en bourse ?

question de G.A : " J'aimerais placer 50 000 euros à 60 000 € en bourse ? Les marchés ne sont-ils pas trop chers ? Faut-il que j'attende et quel placement faire en attendant ? que faire ?"

Que ce soit en France, en Belgique, en Suisse ou dans le reste de l'Europe, vous avez raison de trouver les marchés chers. Nous avons déjà eu une question voisine de la votre et vous proposons de consulter notre réponse sur le niveau élevé du marché : investir maintenant ?

Pour résumer notre réponse : oui les marchés sont chers, mais non sans raisons.

- Soit vous acceptez ce risque et je vous conseille de regarder notre page : comment placer son argent efficacement en 2019
- soit vous attendez une meilleure occasion, et dans ce cas je vous conseille comme situation d'attente un contrat d'assurance-vie en euros à condition d'avoir un droit d'entrée pas trop élevé de façon à avoir un rendement correct même si vous n'y restez qu'un an. Un montant de 50 000 euros peut vous permettre de discuter de ce droit d'entrée avec votre banquier.

Investir 100 000 € en avril 2019 en immobilier : hausse ou baisse du marché cette année ?

question de P.S : "J'ai 100 000 euros à placer. J'aimerais investir en immobilier en empruntant pour avoir un effet de levier. Pensez-vous que l'immobilier sera en hausse ou en baisse en 2019 ?"

L'immobilier a beaucoup monté ces dernières années. La grande raison c'est la baisse des taux. En effet deux catégories d'acheteurs sont présents sur le marché :
- les accédants (achat pour se loger). Ceux-ci comparent leurs mensualités et les loyers à verser. Comme les loyers sont restés à peu près stables ces dernières années et que la baisse des taux a fait chuter les mensualités des prêts, les accédants ont eu plus de pouvoir d'achat et ont donc poussé les prix à la hausse.
- les investisseurs qui achètent pour louer. Ceux-ci considèrent l'immobilier comme une obligation indexée sur l'inflation (intérêts et remboursement indexés). Il est facile de calculer un taux de rendement actuariel d'un tel placement : il suffit de faire la somme du taux de loyer plus le taux d'inflation moyen attendu.
Depuis 2000 l'inflation a été en moyenne de 1,4% en France. Je possède un appartement que je loue. J'ai calculé le taux de loyer si je l'achetais aujourd'hui : 3,2%. Mais je dois déduire les charges propriétaires, la taxe foncière, le coût d'un ravalement tous les 15 ans, des frais et perte éventuelle de loyer lors de changement de locataire (tous les 7 ans). De plus à cause des droits de mutation, je payerais 107% de sa valeur. Tout ceci ramènerait mon taux avant impôt à 2%. En espérant que loyer et prix suivent l'inflation, si celle-ci continue à 1,4% cela me ferait au mieux un rendement brut de 3,4% si je n'ai pas de problème avec mes locataires. Généralement les investisseurs trouvent ce rendement un peu faible et empruntent pour faire un effet de levier. Les banques leur font un taux un peu plus élevé qu'aux accédants. Il faut ajouter la prime d'assurance décès (présentée en % du montant initial et non de façon actuarielle). On est alors presqu'à 2% pour un crédit à 20 ans.
Or à mon avis il faut s'attendre à une hausse des taux de 1% comme expliqué dans notre page Les taux vont-ils remonter en 2019 . Dans ce cas de figure ces montages ne tiennent plus, les investisseurs devront réclamer un meilleur rendement, et donc un prix plus bas.
Le comportement classique des opérateurs est au début de la hausse des taux une ruée pour emprunter avant que cette hausse soit trop forte, ce qui tire d'abord les prix puis quand le niveau des taux est trop pénalisant, une baisse des prix.