question de A.N : "Je suis porteur d'une SICAV action qui suit l'indice, faut-il vendre ses actions maintenant quand ça monte pour attendre une baisse en 2019 pour réinvestir, ou pas et garder en bourse ?"

Votre question est très intéressante "bourse vendre ou attendre", en tant que gérant je me la suis souvent posée. En fait cela va dépendre de plusieurs facteurs :
- le marché sur lequel vous avez choisi d'investir
- les niveaux que vous avez choisi pour désinvestir et réinvestir
- le réemploi de votre désinvestissement
- votre fiscalité

Marché investi

Deux exemples (hors fiscalité) :
1) S&P sur 30 ans (depuis le 1/1/1987, soit l'année d'un krach), si vous choisissiez :
- d'être investi au minimum de 30%, le reste en monétaire
- d'attendre des baisses entre 30% et 50% pour réinvestir
- de revenir à 30% d'investissement dès que les cours ont réatteint leur plus haut
Vous auriez fait environ deux fois moins que l'indice S&P !!
2) sur le CAC 40 sur 10 ans, vous auriez surperformé puisque l'indice est resté quasi stable

Niveaux de vente

Le niveaux de désinvestissement est très difficile à estimer. En effet la plupart des gérants regardent le PER moyen de l'indice, c'est à dire combien de fois les cours valent les bénéfices net par action. Mais ce n'est pas suffisant, car il y a des périodes de plus ou moins forts bénéfices. Ce qui est donc intéressant, c'est de savoir si les bénéfices peuvent encore croitre et à quel rythme. La meilleure analyse que j'ai vu c'est celle de Warren Buffet qui regarde aussi le montant des bénéfices des entreprises par rapport au PIB, pour savoir si ils sont élevés ou non.

Réemploi

Dans l'exemple précédent du S&P 30 ans, si vous aviez choisi les obligations 30 ans comme réemploi, cela aurait été tout différent. En effet ces obligations se sont extrêmement valorisées à chaque krach. C'est d'ailleurs l'investissement qu'avait fait Buffet en 2007 quand il trouvait les actions très chères.

Fiscalité

Si vous êtes imposables et en forte plus-value, vous aurez à payer un fort pourcentage en impôt, ce qui rend encore moins favorable les allers et retours. C'est en partie pourquoi Warren Buffet n'a pas vendu son portefeuille en 2007, mais a arrêté d'investir en actions ses nouvelles liquidités.

En conclusion

Sur les marchés dynamiques et moyennement spéculatifs comme le S&P, il est très difficile de surperformer l'indice par des allers er retours. Par contre sur les marchés très spéculatifs ou peu dynamiques cela peut être intéressant.