Plus taxer les riches en France en 2019 ,
un simple slogan ?


Taxer les plus riches pour la justice sociale. Pour se faire élire en 1981, Mitterrand avait promis cette politique. 40 ans après qu'en est-il ?

Avant 1981, les gouvernements de droite avaient instauré un impôt sur le revenu très progressif. En 1980 les tranches allaient de 0% à 60%.

Le gouvernement socialiste de Michel Rocard a créé la CSG, un prélèvement non progressif sur tous les revenus (sauf pour les retraites). Les gouvernements de droite, de gauche ou "d'ailleurs" ont successivement majoré son taux pour le porter à 9,70% pour les salaires et 17,20 % (CRDS inclus) pour les revenus de placement. Le montant collecté en 2018 a atteint environ 110 Milliards €.
Dans le même temps on a diminué le taux le plus élevé de l'impôt sur le revenu, en le réduisant à 45%. Globalement, en tenant compte de la déductibilté de 6,8% de CSG, les "très riches" ont maintenant un taux global pour les salaires de 51,6 % et pour les revenus financiers au pire (hors flat tax Macron) un taux de 59,1%. Pour les très riches, l'instauration de la CSG a été plus que compensée par la baisse de l'impôt sur le revenu !!
L'instauration de la CSG n'a donc touché que les classes pauvres et moyenne, elle a diminué l'aspect progressif des taxes sur le revenu !!

Il est vrai que pour faire "social", Mitterrand a aussi institué l'ISF ... pour un montant de 5 Md€. 5Md$ d'euros sur les riches, 110 Md€ sur les autres.

Et il en est de même pour les entreprises. L'impôt sur les bénéfices était de 50% en 1980, il est aujourd'hui de 34,4 % (cotisation sociale de 3,3% incluse). Le projet actuel est de le porter à 25%. Parallèlement les impôt dits "de production" ont augmenté et représentent maintenant plus du double de l'IS. Les sociétés sont donc de moins en moins taxées sur leurs profits, mais sur leur activité. On taxe donc de moins en moins les "riches" entreprises au détriment des autres.

Mais pourquoi des gouvernements dits de gauche ont-ils appliqué une telle politique malgré leurs promesses ? Tout simplement par ce qu'ils se sont rendu compte que celles-ci étaient impossibles à appliquer. Par exemple, l'instauration de l'ISF a fait fuir 30.000 contribuables très riches, entrainant des pertes de recettes entre 5 et 10 Md€ par an, le double de ce qu'a rapporté l'ISF en moyenne. Et ce chiffre ne tient pas compte des recettes qui auraient été entraînées par les dépenses des riches exilés ( charges sociales sur les emplois créés ... ). Une véritable catastrophe pour les recettes de l'état. Il en de même pour l'IS, beaucoup de grandes sociétés françaises n'en paient presque plus en France.

Pour compenser cette hémorragie de recettes, les gouvernements n'ont eu qu'une seule solution, taxer ce qui ne peut s'exiler trop facilement : les non-riches et l'immobilier.
Le pire, c'est que dans l'espoir de faire revenir ceux qui sont partis, on en est réduit à offrir des taux encore plus bas, comme avec la flat tax.

"Plus taxer les riches" n'est plus qu'un simple slogan électoral auquel celui qui le profère ne croit même plus.

NB : cet article ne se veut pas idéologique, mais un simple constat de ce que les gouvernements successifs ont réalisé.