Question de B.V. : Les taux immobiliers et obligataires sont toujours très bas, quand vont-ils remonter ? en 2019 , en 2020 ... ?

La France ou la Belgique ne décident plus de leur taux d'intérêt, c'est maintenant la BCE qui le fait pour la zone euro. Or son taux de refinancement des banques est de 0%. Et quand une banque dépose de l'argent à la BCE le taux est négatif de 0,40%.

pourquoi des taux d'intérêt nul et négatif à la BCE ?

La BCE doit se préoccuper de l'économie de tous les pays de la zone euro. Or la crise des dettes souveraines des pays de l'Europe du sud en 2010 l'a obligé à intervenir massivement pour sauver ces pays.

Pourquoi ces taux posent-ils un problème ?

Le problème de la zone euro, c'est que les économies sont dans des états très différents suivant les pays. Alors que le Sud sort à peine de sa crise, l'Allemagne est en surchauffe : son taux de chômage est tombé à un niveau historiquement très bas ( 5,7% norme allemande, mais seulement 3,6% en taux harmonisé mondial). La croissance de 2,2% est forte pour un pays dont la population décroit de 100.000 personnes par an. Bien sûr il vient d'y avoir un afflux de migrants, mais ils ne sont pas tout de suite embauchables (beaucoup ne parlent pas l'allemand). Le résultat c'est que les syndicats, compte tenu du manque de main d'oeuvre, ont mis la barre très haut : augmentation de salaire de 6% et baisse du temps de travail à 28h pour ceux qui souhaite s'occuper de leur famille. Notez qu'en soit ce n'est pas aberrant : une hausse des salaires horaires en Allemagne est le seul moyen de rééquilibrer les balances commerciales au sein de la zone euro, puisqu'on ne peut plus réévaluer le Mark. Et donner du temps notamment aux femmes pour s'occuper de leurs enfants peut être utile dans un pays en dépopulation.
Des taux négatifs dans un tel scénario économique, c'est du jamais vu, une véritable abberation.

Quand la BCE doit-elle remonter ses taux ?

Même si les pays du Sud sont encore en difficulté, leur situation s'est nettement améliorée depuis 5 ans. Ce qui fait que le taux de chômage de la zone euro a baissé de 3% pour atteindre 8,7%. Un tel taux ne justifie plus des taux "de combat". Une hausse de 0,50% dès 2019 me paraît un minimum, permettant de supprimer le taux négatif de la BCE. Dans cette hypothèse les taux obligataires et ceux des prêts immobiliers devraient remonter. Les taux négatifs des emprunts d'état français ou belges pour les durées de moins de 5 ans n'auraient plus de raison d'être.

Conclusion

A mon avis le marché sous estime le besoin de remontée des taux, d'autant plus que les taux négatifs ont des effets pervers (création de bulles). Toutefois, la remontée sera limitée par le niveau élevé de l'endettement. En effet plus les acteurs économiques (état, entreprises, particuliers) sont endettés plus une hausse des taux a de l'effet. Aussi je verrais bien une hausse des taux BCE entre 0,50% et 1 % en 2019 , et sans doute de nouvelles hausses en 2020 .