Le printemps ou l'été va-t-il faire disparaître le coronavirus comme le dit M. Raoult ?


POINT du 15/5/2020 :
Notre opinion que la chaleur n'arrêtera pas le covid 19 se confirme. Le Brésil devient le nouveau foyer d'infection.

Mais pourquoi M. Raoult le prétend-il toujours ? Malgré ce qu'il prétend il n'est absolument pas un esprit libre, indépendant contrairement à ses collègues. En effet cette personne a tendance à affirmer sur de simples présemptions. Il est alors prisonnier de ses anciens dires, et n'a alors plus aucune liberté de penser. Exit le doute scientifique.
Or qu'a-t-il commencé à prétendre en début d'année : que le coronavirus était une grippette. Sur quoi se fondait-il ? Sur les chiffres chinois, les seuls importants alors disponibles ? Même nous à l'époque nous n'étions pas assez naïfs pour croire que les autorités chinoises auraient confiné une grande partie de leur population pour une simple grippette, en provoquant l'arrêt d'une grande partie de leur économie. Pas leur style, quand leur objectif est de rattraper économiquement les Etats-Unis.

Plutôt que de regarder les faits (le covid n'est pas trop dérangé par la chaleur), M. Raoult se base sur ses déclarations que le coronavirus est une grippette, et se comportera comme tel.

Mais il y une grande différence entre la grippe et le Covid 19 : le taux de propagation: environ 3 au lieu de 1,3. Espérons en effet que le changement de climat ait le même impact sur la grippe et le Covid 19, c'est à dire réduise du même coefficent leur propagation. L'effet n'est pas le même pour des virus à taux de propagation très différents.
Prenons en exemple une réduction de 30% de la propagation, les nouveaux taux de propagation deviennent :
- pour la grippe : 1,3 x 0,7 = 0,91. L'épidémie ne peut se déclencher, et en France si elle a déjà contaminé 10% de la population (qui est vaccinée à 15%), le taux devient 0,8
- pour le covid 19 : 3 x 0,7 = 2,1. L'épidémie est fortement exponentielle (comme en Amérique Latine). En France, en Belgique ou en Suisse, même avec éventuellement 10% de contaminés, le taux reste à 1,9.

CONCLUSION : si on peut éventuellement espérer un ralentissement de l'épidémie avec le retour des beaux jours, il est impossible actuellement d'affirmer que le covid 19 va forcément disparaître ce printemps.


NOTRE ARTICLE DE MARS (Chiffres actualisés mi avril) :



Une question importante : le retour du printemps va-t-il nous être favorable pour l'épidémie du coronavirus ?
C'était la grande affirmation de Trump en février : le coronavirus n'est pas un problème car il disparaîtra en avril comme la grippe. Nous sommes en avril et l'épidémie s'est accélèré aux Etats-Unis.

On ne sait pas exactement pourquoi les épidémies de grippe ont lieu en hiver. Plusieurs hypothèses existent :
- un temps froid et sec favoriserait l'émergence de l'épidémie, en retenant plus longtemps en suspension les gouttelettes contenant les virus
- la durée d'une épidémie durant environ 9 semaines, ce n'est pas forcément le retour du printemps qui arrêterait celle-ci, mais l'immunité de groupe.
- les UV seraient nocifs aux virus
- en hiver les gens vivent plus serrés
- le froid diminuerait les défenses immunitaires
Si beaucoup de virus sont sensibles à la saison, d'autres ne le sont pas comme le rhinovirus.

Mais qu'en est-il réellement pour le coronavirus ?

Vu la nouveauté de cette épidémie nous n'avons pas d'exemple dans notre hémisphère Nord, mais le virus est présent aussi dans l'hémisphère sud. Le problème est que les caractéristiques des pays diffèrent sur de nombreux points :
- la courbe des âges, le virus étant mortel surtout pour les personnes agées.
- la richesse : nourriture et logement meilleurs, système de santé plus performant.
- la densité de population, qui diffère même d'une ville à l'autre. On le voit sur la côte ouest des Etats-Unis où les villes sont souvent plus étalées que sur le côte est.
- les conditions météos : température, humidité ...
- la réaction des gouvernements.
- l'ouverture des pays : tourisme, voyages professionnels, travailleurs frontaliers, iles ... Il n'est pas étonnant que l'épidémie en Italie se soit surtout développée dans le Nord. En hiver le tourisme est dans la montagne, pas sur les plages.
- les mouvements internes de population. Un des critères qui semble le plus influer est l'importance des transports en commun.

On remarquera d'abord que les premiers pays les plus touchés sont tous dans l'hémisphère Nord, avec des températures peu élevées : Chine, Corée, Iran, Europe, Etats-unis. L'Iran est plus au sud que les autres, mais l'altitude élevée des villes touchées (autour de 1 000 m pour Qom et Téhéran) fait qu'elles ont eu à peu près les mêmes températures qu'en France

Dans l'hémisphère Sud les pays de même civilation que nous, l'Australie et la Nouvelle Zélande sont très faiblement touchés. Certes ce sont des iles, mais l'Australie a des relations commerciales importantes avec la Chine et le reste de l'Asie. D'autres pays commencent à voir le virus se développer de façon interne, comme l'Indonésie, les Philipines ou le Brésil. Les taux affichés sont bien plus faibles qu'en Europe, de l'ordre de 30 à 100 fois moins, mais ces statistiques sont à prendre avec réserve, soit pour des raisons politiques, soit par manque de moyens (tests ...). Toutefois elles prouvent que le virus s'y est propagé en été.

Visiblement le virus a préféré d'abord se déplacer vers l'Est ou l'Ouest plutôt que vers le Sud. Evidemment ce n'est pas une certitude, compte tenu de notre manque de recul, mais cela nous permet d'espérer non que le virus disparaisse avec la chaleur, mais seulement au mieux qu'il se propage à un niveau plus faible, aidant à lever le confinement.


La situation évolue très rapidement, le taux de propagation du Covid 19 est élevé, et provoque une courbe exponentielle. Aussi nous avons joint un tableau regroupant certaines régions particulièrement intéressantes. Certaines très touchées fournissent des estimations complémentaires (non testées), soit par symptomes, soit par surmortalité, plus fiables que les données officielles.





pays ou région
au 17/4
morts testés morts estimés par million
d'habitants
date 1er mort annoncé du pays % de
+ 65 ans
France 11 060 hopital 17 920 (avec Ephad) 267 15 février 20%
Lombardie 11 608 > 15 000 ** 1 500 21 fevrier 24%
Province Bergame (Lombardie)*** 6 000 5 500 21 fevrier 24%
province Guayas (équateur) * 300 7 200 2 000 13 mars 8%
Etat de New York 16 736 836 29 févier 16%
Californie 973 25 29 févier 16%
Australie 65 3 1er mars 16%
Brésil 1 952 9 17 mars 9%

* température en mars : 25/32°. Le bilan de mars est terrible (1 500 décès), il rejoint le niveau des pays européens très touchés alors que ce n'était que le début de l'épidémie en Equateur. En effet dans ce pays la mortalité "officielle" par coronavirus a fait un bond à partir du 31 mars.
Le chiffre de la première quinzaine vient de sortir le 17/4. Il confirme l'amplification attendue fin mars : surmortalité de 5 700. Toutefois tous ces décès ne sont pas dûs directement au coronavirus. Ainsi on estime à 100 les décès en mars dûs à l'absence de dialyse dans les hopitaux.
** rien que dans la province de Bergame, les services officiels estiment à 2 400 les victimes non répertoriées.
*** en mars pour 2 060 décès officiellement reconnus, la surmortalité a été de 4 500 environ. Mi avril elle est estimée à environ 5 500 décès pour environ 350 000 personnes infectées, soit plus de 30% de la population. Fin avril, 6000 décès pour 500.000 infectés. Le taux de mortalité serait de 1,2% à 1,6%. Ces chiffres sont approximatifs, surtout pour le nombre de contaminés, et aussi pour la surmortalité car le débordement des hôpitaux (ou la peur d'y aller) a pu engendrer d'autres formes de mortalité. Il correspond à notre fourchette de 1% à 3% en cas de saturation des hopitaux. Rapppelons que l'Italie a la population la plus vieille d'Europe et donc est particulièrement vulnérable au coronavirus.